mardi 15 août 2017

Ce qui nous gratte, nous rend plus fort





Alors non, je n'étais pas partie en vacances. J'ai juste du mal à coordonner ma vie en ce moment. (Ce qui est plutôt ballot pour une coordinatrice de métier...)

Donc depuis juin et ses rencontres étranges dans le métro, quoi de neuf ?
Pas grand chose écoutez, je suis mariée, je m'épanouie pleinement dans mon travail, je suis guérie et...Haha, nan je déconne !

Mon boulot m'épuise, je le déteste et rêve de changer (c'est prévu !), Môssieur Clochette est toujours à mes côtés (mais refuse de se marier) et sinon côté santé j'ai fait trois réactions allergiques à l'utilisation de ma deuxième bouche. (voilà, on y croit plus hein ?) 
Du coup je me suis dit que j'allais vous raconter un petit coup mes aventures hospitalières, parce que ça faisait longtemps... 

Première réaction allergique (que je ne savais même pas que c'était une réaction allergique...) :

Après-midi calme, dans mon appartement. J'avais mal et décide de me faire un anti-spasmodique via le cathéter pour soulager un peu. Je me branche tranquillement, commence à lancer le produit. (Je débloque la perfusion quoi, il n'y a aucune vertu thérapeutique à lancer le produit en l'air et le rattraper...) Je m'installe confortablement devant un film de haute culture (... Quoi ? Comment ça quel film ? Ca se passe loin, c'est sur le sport... c'est pas très utile de le savoir pour l'histoire, c'est... Bon ok c'était Rasta rocket, ça vous va ? Mais de toute façon je l'ai même pas vu au final alors, ça compte pas si ?) DONC, je m'installe, et commence à ressentir une sensation de chaleur, un malaise général. (Non ce n'est pas la ménopause...) Mon cou commence à me démanger, ma poitrine à me faire mal, (ma poitrine dans le sens : cage thoracique... je vous vois venir...) j'ai chaud, (oui je l'ai déjà dit mais manger un piment ne m'aurait pas mis dans pire état), ça gratte (oui je l'ai déjà dit mais du poil à gratter aurait été une vaste blague à côté), bref je me sens mal. Les démangeaisons s'étendent au cuir chevelu, au ventre, au bras, à la nuque, j'ai en plus une soudaine envie de vomir... 
Je rejette la faute sur l'anti-spasmodique, je sais que je ne le supporte pas toujours au mieux. Je clampe la perfusion, j'essaye de respirer et j'attends que ça passe... 
Au bout de quelques heures, le calme revient enfin dans mon corps... Les démangeaisons s'estompent, les nausées se calment... La tempête est passée. (Mais mon film complètement gâché, ils sont déjà médaillés, j'ai loupé la scène de l'oeuf et maintenant ça beug !)
Par acquis de conscience je préviens mon prestataire  et l'hôpital de cet épisode désagréable (ils m'ont dit de rafraichir la page internet pour débloquer le streaming...  Ils n'ont pas répondu car vendredi fin d'après-midi donc j'ai laissé un message.)
Dans le week-end j'ai retenté fébrilement un branchement avec le fameux médicament. Je n'étais pas seule, Môssieur Briochette veillait et pouvait réagir en cas de problème. 
RIEN. Il ne s'est RIEN passé. 
 Bref, personne n'a pu me donner d'explication et j'ai poursuivi ma vie comme si de rien n'était, bien heureuse que cette alerte ne soit que fausse, et de pouvoir encore supporter le seul médicament me soulageant à minima.

Un mois s'est écoulé.  (Bon on va passer rapidement en gros : boulot (beaucoup), branchements (parfois), dodo (parfois), douleurs (souvent) et on recommence...)

Un soir en rentrant du travail, je décide de me brancher avec le menu complet (médicament puis perfusion de nutrition quoi). Je prépare le matériel, je suis mon protocole, rince mon cathéter, connecte les tubulures et là... Une douleur et des bourdonnements me saisissent au niveau des oreilles, une vague de chaleur envahit mon visage et mon cou, démangeaisons, douleurs à la poitrine (la cage thoracique toujours...) Bref, je reconnais les symptômes. Je hèle môssieur briochette. Il me dit : " Ca ne va pas ?  Tu es toute rouge..." (Nan vraiment ??) 
Je lui réponds que je me sens mal, je tousse, j'ai mal, ça me gratte, j'ai mal, ça me gratte (je l'ai déjà dit ?)
On décide d'appeler le SAMU pour leur demander conseil. 
Bon ben ils nous ont conseillé d'envoyer les pompiers et une équipe... Et surtout ne faites pas d'effort. (Oh ben c'est con parce que justement j'avais prévu d'aller faire un jogging dans mon quartier...)
Les pompiers sont arrivés. Ils m'ont demandé mon âge, mon poids et c'est quoi sur le pied à perfusion, pouls, tension, ça gratte ? Vous êtes toujours rouge comme ça ? (Oui c'est mon fond de teint peau rouge version indienne, ça vous plait ?) Et le visage il est toujours enflé comme ça ? (Non les mecs, et les boutons là, je ne les ai pas non plus tout le temps...) 
Bref, le SAMU est arrivé. Le médecin m'a reposé les mêmes questions. Ils étaient tous très professionnels et gentils. Ca a fini avec injection d'anti allergique, et inhalation d'adrénaline. Puis direction les urgences pour une surveillance de 6 heures. (C'est obligé ? ... Bon ben vous vous doutez de la réponse...) Sur la route j'ai eu le droit à une invitation au bal des pompiers (à quelques jours du 14 juillet, forcément) et une évolution de carrière pour mon lapin, qui s'est vu proposé un poste de mascotte chez les pompiers. 
Soirée mouvementée aux urgences entre comas éthyliques (pas moi hein les autres), patients étoiles (je ne sais toujours pas de quoi il retourne mais en tous cas tout le personnel accourt dans le box, mains gantées et muscles sortis),  police par ci, pompiers par là... 
Pour ma part, remise de peine à 1h du matin. Plus de métro, pieds nus (oui Môssieur briochette m'avait bien ramené un pull, mes papiers, géré la crise à la perfection mais avait oublié que cendrillon avait aussi besoin de chaussures après minuit...). On m'organise un retour un ambulance. Deux mecs viennent me chercher. Ils me demandent si je peux marcher. Je leur répond qu'en temps normal oui mais que je suis pieds nus (même pas de surchaussures en papier quoi !) Visiblement ils ne voient pas le problème...
Je me retrouve dans l'ambulance. Avec un gars qui éteint toutes les lumières et commence à s'allonger. (euh je sais qu'il est une heure du matin et que c'est pas facile mais... Vraiment ?) 
Le trajet m'a paru durer une éternité (alors que je suis à tout casser à 10 minutes de l'hôpital).
Comble de malchance ma rue est à accès limité. Le chauffeur dit à son collègue : "Hé y a une borne". (Oh meeerde y a du scooootch on peut plus terroriser... (si vous n'avez pas la référence Gad elmaleh est une valeur sûre) 
Alors je sais aussi que les taxis, ambulances, pompiers, services d'urgences ont des badges universels d'accès (genre une clé magique qui ouvre toutes les bornes de la ville entière... ) Pas eux... 
Dormeur me lance : Bah c'est pas grave vous allez marcher ! (Je suis pieds nus mec, si je pouvais éviter de retourner aux urgences parce que je me suis ouvert le pied en pleine nuit dans la rue, ça m'arrangerait un peu...) Je rétorque donc que mon copain arrive (oui je l'ai prévenu sur la route) et qu'il va m'apporter des chaussures. 
Le gars me dit qu'ils n'ont pas le temps et que je peux commencer à descendre. 
Ma patience bien entamée, je décide d'arrêter là les frais, de descendre de l'ambulance et de commencer à rentrer (y en a plein qui marchent pieds nus et ils n'en sont pas morts... Si ?) 
Son collègue le chauffeur, un peu embêté (car il voulait sortir le brancard pour me rapprocher mais dormeur-grognon a refusé), propose de me raccompagner (bien aimable !) môssieur briochette nous a rejoint sur la route, j'ai pu enfiler ma paire de chaussures de verre et suis rentrée (enfin) me coucher. 

Le lendemain j'ai prévenu l'hôpital. On m'a demandé ce que j'avais passé dans la perfusion. J'ai répondu du sérum phy (de l'eau et du sel en somme...). On m'a dit que c'était impossible d'être allergique au sérum phy. 
Décision est prise d'organiser une hospitalisation de jour pour tester un branchement sous surveillance. 

A l'hôpital les infirmières étaient toutes tendues. Elles m'ont scopé, perfusé et avait l'air de prier pour que tout se passe bien. (Le choc allergique visiblement, elles n'avaient pas envie.)
On a attendu le médecin, (qui n'était pas le mien car période de vacances) pour faire le test. (Ah oui quand même). Et on a lancé une perfusion. RIEN. RIEN de RIEN. 
Le médecin m'a dit :
"Bon ben il se passe rien là." (Effectivement, mais 10 ans d'études pour le remarquer quand même...) 
"C'est bien ce qu'on disait on ne peut pas être allergique au sérum phy" (Mais je n'en n'ai jamais douté...) 
J'ai risqué un : "Mais à quoi du coup ?" 
"Non mais peut être que c'est le stress." (Hein ? What ?) 
"Le stress ? Mais je ne suis pas stressée pour me brancher, et pendant un mois ça n'a rien fait, et là bim sans raison ça recommence... Et le doc du SAMU a dit que c'était un choc anaphylactique (c'est pas facile comme mot en plus)"
"Oui ben vous voyez bien qu'il ne se passe rien. Donc peut être le stress, ou une bulle d'air, ou quelque chose qui s'est décroché à l'intérieur, ou un hasard..." (Ou les planètes mal alignées ? Le karma foireux ? La neige au Pakistan ?) 
"Je ne sais pas, je ne peux pas vous dire ce qu'il s'est passé" (Ah ben voilà une explication bien plus crédible...)

Je suis donc ressortie, sans explication avec comme proposition de bien me détendre avant de me brancher pour ne pas être stressée... 

Un mois s'est écoulé (oui encore, coincidence troublante mais pourtant vraie...) (Bon on va passer rapidement en gros : boulot (beaucoup), branchements (parfois), dodo (parfois), douleurs (souvent) et on recommence...)

Un soir en rentrant du travail, je décide de me brancher avec le menu complet (médicament puis perfusion de nutrition quoi). Je prépare le matériel, je suis mon protocole, rince mon cathéter, connecte les tubulures et là... Une douleur et des bourdonnements me saisissent au niveau des oreilles, une vague de chaleur envahit mon visage et mon cou, démangeaisons, douleurs à la poitrine (la cage thoracique toujours...) Bref, je reconnais les symptômes. Je hèle môssieur briochette. Il me dit : " Ca ne va pas ?  Tu es toute rouge..." (Nan vraiment ??)
Je lui réponds que je me sens mal, je tousse, j'ai mal, ça me gratte, j'ai mal, ça me gratte (je l'ai déjà dit ?)
On décide d'appeler le SAMU pour leur demander conseil. 
Bon ben ils nous ont conseillé d'envoyer les pompiers et une équipe... Et surtout ne faites pas d'effort. (Oh ben c'est con parce que justement j'avais prévu d'aller faire un jogging dans mon quartier...)
Le SAMU est arrivé. Ils m'ont demandé mon âge, mon poids et c'est quoi sur le pied à perfusion, pouls, tension, ça gratte ? Vous êtes toujours rouge comme ça ? (Oui c'est mon fond de teint peau rouge version indienne, ça vous plait ?) Et le visage il est toujours enflé comme ça ? (Non les mecs, et les boutons là, je ne les ai pas non plus tout le temps...)  Les pompiers sont arrivés. Ils m'ont reposé les mêmes questions. (Ah oui vous avez déjà lu  ce passage mais ça s'est repassé exactement de la même manière que le mois précédent alors bon avec petite inversion dans l'ordre d'arrivée...)
Bon sauf que le médecin du SAMU était l'opposé de son collègue. Je m'en foutiste, ne prenant absolument pas au sérieux ce que je lui disais... Il a vaguement proposé une injection d'anti allergique en me disant "non mais je ne pense pas que ça soit allergique."... (Euh je suis couverte de plaques de boutons là, je suis rouge, enflée... Toi aussi tu penses que les planètes sont mal alignées ?) Il n'a même pas parlé aux pompiers et on est partit, direction les urgences, 6h... Vous connaissez. 
Aux urgences, ils ont pris les choses au sérieux, les pompiers ont dit que le médecin était un "con" (je cite c'est pas moi qui l'ai dit). Une infirmière m'a dit que "pour le bronzage je n'étais pas sur la bonne teinte" (si, elle était pas mal quand même, on la valide !) A force de me voir me gratter au sang (car c'est ce qui se passait) ils m'ont donné des médicaments pour l'allergie et ô miracle un quart d'heure plus tard tout se calmait... (Mais non vous avez raison, ce n'est sûrement pas allergique, juste une coincidence...Encore...) 
Ensuite place à l'observation de mon environnement : patients étoiles (encore eux. Du coup on en a déduit avec Môssieur briochette qu'il s'agissait des patients trop agités et qu'on attache (en étoile...) mais bon c'est pas sûr encore... Policiers... Patients impatients... 
Et ce petit duo de papy et mamie qui ne se connaissaient pas et que les urgences ont rapproché. 
Elle très élégante, lui sosie de Georges Wilson (dans Denis la Malice). Allez je vous illustre : 
 

Un papy et une mamie qui se croisent, se tournent un peu autour (si si ils se sont même demandés s ils étaient mariés et oh sans indiscrétion quel âge avez vous ? Que vous ne faites pas votre âge avec vos cheveux tout noir monsieur...moi je faisais 54kg. Aujourd'hui j en fais 67...mais vous n avez pas bougée madame...hihi...hoho)
Papy lui a proposé de l'emmener danser au bal. Mamie a répondu qu elle adorerait ça mais à Paris alors
Mamie a dit qu elle avait faim. Papy lui a dit : "Venez je vous emmène au Mac Do. Et là... :
Mamie :" Rooh le MacDo. Je n'y suis jamais allée et je pense que je n'irais jamais c'est trop tard maintenant. Vous connaissez vous ?"
Papy :"Oui avec les petits enfants, ça ne vous laisse pas le choix parfois..."
Mamie (sur un air de confidence) :" On m a dit qu il n y a pas d assiette là bas. Et que les sandwiches avaient plein de choses toutes mélangées. C'est vrai ? Oh ça ne me fait pas envie vous savez..."
Papy : "Oui c est vrai. Mais c'est surtout que 2h après vous avez faim avec ce bazar..."
Mamie : "Hihi. Ce sont de drôles de régimes n'est ce pas ?
Voilà... ils étaient mignons... Et Papy a dû changer de service... Tant pis pour le bal musette et le Mac do !

Je suis sortie à minuit avec mes chaussures (telle Cendrillon n'ayant pas dépassé l'heure critique ou telle la fille dont le copain a tellement l'habitude qu'il n'oublie plus rien)

Le lendemain j'ai appelé l'hôpital (qui était déjà au courant). On pense savoir quel produit me rend allergique (Youpi !) Pour confirmer il faut faire des tests (mais avec les vacances, ce n'est pas facile donc en attendant ne l'utilisez plus (oui c'est une idée !). J'ai osé me risquer à demander comment se déroulait le test, on m'a répondu qu'ils n'en n'avaient aucune idée (c'est honnête de le reconnaitre).

Bref j'ai fait 3 chocs allergiques en 3 mois...(ou alors une bulle d'air, ou alors le stress, ou alors les planètes, ou alors le karma... mais en tous cas soyez rassurés, le tout réagit aux antihistaminiques alors...)



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vendredi 2 juin 2017

Quand on veut, on peut !




Hey les gens ! Je suis certaine que vous avez déjà entendu un jour dans votre vie : "Nan mais tu sais (ouais prenez l'accent un peu pimbêche de la nana qui sait tout avec 2 neurones et demi... comment ça discrimination ? Pas du tout...), quand on veut hein, on peut ! C'est juste une question de volonté ! " Et là vous la regardiez de haut en bas avec une envie de l'égorger. Et puis finalement vous vous ravisiez, sans rien répondre, en lançant un simple sourire poli. (Vous la tenez bien la scène ?)
Alors ça peut être sur n'importe quel sujet, pas de brimade. Vous voulez quelques exemples ?
La perte de poids (si, si, tout est question de volonté, c'est bien connu on est tous égaux sur le sujet, même votre meilleure amie qui mange ses chips au nutella et qui pèse 40 kilos pour 1m70 alors que pour vous c'est pomme et eau... Question de volonté !), le sport (mais si voyons c'est juste une question de volonté, tes poumons n'ont rien à voir là dedans quand tu étouffes après trois foulées), les fringues (allons ! Ce sac Dior qui vaut un bras, c'est une juste une question de volonté pour l'avoir). Bref tous les sujets fonctionnent.
Mais là où personnellement ça m’irrite le plus, c'est quand on commence à attaquer ma volonté sur la santé. Tu ne manges pas ? Mais tu sais, si tu faisais un effort, quand on veut on peut ! Tu ne marches pas ? Mais tu sais, quand on veut on peut ! Et j'ai eu l'illustration parfaite de ces situations dans le métro il y a quelques semaines.
Dans une période bof bof de ma maladie, j'ai été obligé de revenir à mes vieux amours : j'ai nommé le fauteuil électrique.
Je partais au travail (tout est question de volonté), tranquillement et ne demandais rien à personne (j'insiste, écouteurs dans les oreilles, replis maximum, bref LAISSEZ MOI TRANQUILLE !). Après avoir bataillé férocement pour obtenir une place digne de ce nom (entre deux coudes et trois paires de fesses (bah c'est tout ce qu'on voit quand on fait la hauteur d'un enfant de 8 ans...Et encore c'est s'ils se tournent dans le bon sens... Bref on s'égare !) je pouvais enfin me délecter paisiblement de ce trajet fort agréable. Quand soudain (le fameux élément perturbateur que vous attendiez tous !) un homme d'une quarantaine d'années, un peu étrange, avec une canne, passe le long du métro. Il se retourne, fait marche arrière, glisse la tête entre les portes et me dit (Je ne vous tiens plus là hein ? Vous aimeriez bien savoir ?)

Bref ce matin, j'ai été à la sécurité sociale et... (Haha je vous ai bien eu ! allez je vais vous raconter la fin du boulet du métro avant d'entamer les boulets de l'administration, car oui aujourd'hui ce n'est pas un mais bien deux médailles de la boulette attitude que nous décernerons !)

Donc le gars me dit :
-Tu veux marcher ? (Je crois que c'est ce qu'il a dit, j'ai hésité entre tu marches ? Tu veux marcher ? Tu as marché ? Mais comme la réponse était la même je ne me suis pas attardée)
- Euh oui. (Oui j'avais prévenu la réponse était similaire hein et pas très développée. En même temps ce gars je ne le connais pas et moi on m'a dit de ne pas parler aux inconnus... C'est peut être des drogueurs !)
- SI tu veux marcher, tu peux. C'est question de volonté. (Ah oui j'ai pas dit il avait un fort accent africain, peut être même qu'il était vaudou allez savoir... J'avais un peu peur moi !) Tu prends un tapis de course, tu montes dessus et tu vas toujours tout droit. (J'aurais bien aimé lui demander où est-ce que je pouvais trouver un tapis qui n'allait pas tout droit, parce que bon c'est vrai qu'on a souvent ce problème là, c'est ennuyeux d'aller toujours tout droit sur un tapis...) Et tu remarcheras. C'est la volonté !
Je suis restée coite ! Je voulais demander son avis à ce gars qui a percuté un platane et qui se retrouve tétraplégique... Juste pour tester sa volonté de se mettre debout quoi ! Et puis aussi, j'avais super envie de me lever et de dire : C'est un miracle ! Mais bon les portes se sont fermées, on est repartit et puis entre les coudes et arrières-train j'avais pas la place. Dommage, le monsieur vaudou aurait sûrement été très fier de moi ! Mais bon comme j'avais la volonté, il a du le sentir un peu quand même.

Les jours ont passé, et mon état bof bof s'est empiré. Ce qui m'a conduit droit à l'arrêt maladie. (Plus assez de volonté pour travailler hein !). Comme je fais plein d'efforts pour garder une vie la plus normale possible (si je vous promets) ben j'ai essayé de faire un arrêt le plus court possible. Avant de poursuivre quelques précisions s'imposent.
Je suis en ALD (Je le sais parce que chaque année il faut la refaire et c'est pas facile !) ALD ne signifiant pas  Agent Loyal et Détendu mais bien Affection Longue Durée. En gros, t'es malade et on sait que ça va durer (sauf bien entendu si ta volonté refait surface !)
Lorsqu'on est en arrêt pour rhume, gastro ou varicelle (il parait que c'est de saison), il y a un truc qui se nomme "jour de carence" qui s'applique. En gros tu es malade une semaine, tu as 3 jours de carence, donc 3 jours où tu n'auras pas d’indemnités. Mais on m'avait dit : Ah nan mais en ALD tu n'as pas ces 3 jours de carence, si ça reste dans le cadre de ta maladie. (Logique !). Pour confirmer tout ça, j'ai googlisé et j'avais lu ça :


Un assuré est pour la 1ère fois en arrêt de travail pour une ALD du 10 au 30 janvier ;
Les 10, 11 et 12 janvier constituent le délai de carence ;
L’indemnisation ne débutera qu’à compter du 13 janvier ;
L’assuré est à nouveau en arrêt de travail pour la même ALD du 15 au 20 février ;
L’indemnisation débutera à compter du 15 février, sans délai de carence ;
 L’assuré est à nouveau en arrêt de travail pour la même ALD du 1er au 15 avril ;
L’indemnisation débutera à compter du 1er avril, sans délai de carence.
Donc si vous lisez bien comme moi, vous remarquerez que baaaamm plus de jours de carence. Voilà on peut continuer sur des bases saines.

Sachant cela et ne souhaitant pas abuser du système Français, j'ai dit à ma doctoresse qui voulait me faire un arrêt pour un mois d'un coup  : "Mais non parce que peut être que dans une semaine je pourrais retourner travailler (Vous remarquerez ici ma candide innocence )" Du coup on a convenu qu'elle me faisait un arrêt du lundi au dimanche. Et moi j'ai dit "Mais non parce que je travaille du lundi au jeudi alors je vais pas profiter, et puis comme je n'ai pas les 3 jours de carences ça ira ! (Candide innocence bis).
Sauf que la semaine suivante, j'étais toujours dans le même état d'épave. Je suis donc retournée voir mon médecin pleine d'optimisme et de volonté (en la suppliant de m'achever !). Elle a renouvelé l'arrêt.(Elle a refusé de m'éliminer) On a refait pareil du lundi au jeudi. Et ce, 3 semaines d'affilées. Finalement, en y repensant,  le mois ça aurait été sans doute plus pratique !

A la paye de mon travail ils n'étaient pas contents, pas contents, parce que ça leur compliquait les choses. Et moi j'étais fière de ne pas avoir creusé un peu plus le trou de la sécu.
Je suis retournée au travail, j'ai reçu ma fiche de paie imputée de 3 semaines de salaires en moins (car ils n'avancent pas les frais quand je suis absente). J'ai passé un bon et grand week-end de 4 jours et à mon retour j'avais une lettre de la sécurité sociale.
En l'ouvrant je me rends compte que ces bougres ont omis de retirer les 3 jours de carences. Sur 3 semaines je ne me retrouve donc qu'avec 1 seul jour de payé (Ben ouais y a eu des jours fériés en plus donc du mardi au jeudi, avec les 3 jours... Nada !)
Douce et docile, je me rends à la sécurité sociale avec tous mes papiers. C'est pas grave de toute façon, j'ai la preuve que j'ai déjà eu un arrêt dans l'année. C'est une erreur malencontreuse !
La dame me dit : Ah non mais faut prendre rendez-vous hein moi ça je ne peux pas gérer. (Voix de pimbêche, acte 2...) Et avec un peu de volonté ? Non toujours pas ?

Du  coup j'ai pris rendez-vous.  J'y suis retournée. J'ai pris mon ticket, j'ai attendu, on m'a appelé. Je me suis assise en face de cette dame qui avait l'air absolument Dé-bor-dée ! Et j'ai encore attendu. Elle m'a demandé ma carte vitale, je lui ai donné. Et j'ai attendu. Et elle m'a dit :
- Alors vous venez pour un problème d’indemnités journalières.
- Oui. En fait il y a eu une erreur. Je suis en ALD et...
-Ah non mais vous n'êtes pas en ALD.
- Si, si je vous assure.
-Non pas au niveau du travail.
-Euh, comment ça ? (Hum, intense comme conversation hein !)
- Vous avez un ticket exonérateur. Mais vous n'avez pas d'ALD pour le travail.

Bon ok Josette, va falloir mettre du tiens et m'expliquer. J'ai une ALD mais ce n'est pas la bonne c'est ça ? J'ai pas pris la bonne étiquette ? Quel est le problème ? Au fond de moi, je sentais que ce n'était pas bon et que j'allais bientôt m'asseoir sur mes jours de carence...

- Je vous explique (oui je veux bien parce que là c'est pas très très clair.) Pour avoir le droit à l'ALD qui permet de bénéficier de l'annulation des jours de carence, il faut avoir été au moins 6 mois en arrêt d'affilé.
-C'est une blague ?
- Ah non, non. (Josette, c'était rhétorique, je sais que ce n'est pas une blague... Malheureusement.)
- Donc vous êtes en train de me dire que je ne toucherais rien d'autre. Et que plus je me mets en arrêt longtemps et mieux c'est ?
- Oui c'est ça. (Et rien ne te choque Josette ?)
-Très bien. Donc on nous pousse à travailler le moins possible.
-Bon je vois que vous avez votre truc là (Là elle a fait un signe du menton vers mon broviac d'amour), si vous êtes fatiguée faut pas hésiter hein, si vous avez besoin de vous arrêtez faut pas faire de petits arrêts, un mois c'est bien par exemple.

Josette je ne réfléchis pas à poser mes vacances là, on parle d'arrêts contraints et forcés !

Bref je suis ressortie de là passablement énervée (je dois bien l'avouer). Josette n'y étant pour rien je n'ai pas passé mes nerfs dessus, mais mince quoi ! Je ne comprendrais jamais ce système.
Je l'ai déjà dit mais pour avoir le droit à une invalidité, il faut 6 mois d'arrêts également (remarquez on pourra faire d'une pierre deux coups hein !). Pour avoir le droit à l'ALD du travail (qui n'est donc pas la même que celle des soins, mais bon ça personne ne l'explique nul part) il faut s'arrêter la moitié de l'année. Qui a envie de travailler dans ces conditions ? Qui a envie de recruter dans ces conditions ? Vous vous voyez vous à un entretien dire : Alors je sais que je ne tiendrais pas le coup, mais ne vous inquiétez pas si je m'arrête une demi année, j'aurais  des aides ?
C'est un système vicieux et décourageant.
Alors oui la prochaine fois je demanderais un arrêt du lundi au dimanche (je ferais plaisir à la compta!) et le plus long possible quitte à faire un avenant, parce que non 3 semaines de salaire en moins sur un SMIC ça ne fait pas plaisir. (Bon même sur un non SMIC hein ça fait pas plaisir !)

Moi je veux bien qu'on me parle de volonté, de "quand on veut, on peut !" Mais là ?
J'essaye au maximum d'en demander le moins possible, de faire tout ce que je peux, d'être volontaire. Mais comment faire quand le système n'est pas aidant. Quand on gagne mieux sa vie en restant au chômage et en percevant des aides ? (J'ai fait le calcul et c'est pas du flan, c'est ce qui se passerait si Môssieur Briochette cessait son activité et moi aussi !) Quand on essayant de ne pas profiter du système, de ne pas creuser ce fameux trou de la sécu, on se fait empapaouté (ça faisait exotique ce mot c'était joli, non ?)

Après coup, je me dis que c'est peut être le vaudou du métro qui m'a jeté un sort, c'est peut être parce que je n'ai pas voulu lui montrer que je voulais et pouvais marcher... Allez savoir ? 

dimanche 30 avril 2017

“Sur l’apparence est bien fou qui se fonde.”



Nous sommes samedi soir, ou plutôt dimanche matin (il est 2h... Ouais j'écris la nuit moi je suis comme ça, je sors mon autre identité, mon moi intime quand le soleil est couché et que tout le monde dort paisiblement. Ca doit avoir un rapport avec ma vie de vampire...) et je m'interroge. (Le début de la phrase est loin mais en gros ça donnait : Nous sommes dimanche matin et je m'interroge... OUI effectivement j'aurais pu y aller direct, mais avouez que c'était moins drôle !)

Je m'interroge sur ce qui nous caractérise, sur les signes extérieurs qui font que nous sommes une personne ou une autre, sur les jugements que peuvent amener ces mêmes signes extérieurs. (Vous avez 4 heures, bon courage !)
En plus clair, (parce que je vois bien que je vous ai déjà perdu) : Qu'est-ce qui constitue notre identité aux yeux des autres ?

Depuis petit on nous apprend qu'il ne faut pas s'adresser à un adulte en costume-cravate de la même manière que nous nous adresserions à un enfant de notre âge.
Pourquoi ? Question de politesse et de respect de l'être ainé ? Le costume-cravate a t-il son importance ? Est-ce que l'on doit s'adresser différemment à un adulte en costard, qu'à un adulte en blouse blanche ou en bleu de travail ?
Je ne me souviens pas que l'on m’aie demandé de telles distinctions.
  La consigne était claire : si tu t'adresses à quelqu'un de plus âgé, tu vouvoies. Si tu t'adresses à quelqu'un quel qu'il soit, tu es respectueuse et polie.

Voilà, c'était tout.

J'avais une profonde admiration pour certains de mes maîtres et maitresses à qui je disais "tu". Et j'ai appris que le tutoiement n'était alors pas toujours une marque d'irrespect. 
Et puis à la fin du CM2 on nous prévient que désormais nous devrons vouvoyer nos profs et leur dire Monsieur et Madame. Ce n'est pas simple de comprendre pourquoi des personnes ayant le même métier passe à un statut différent... Et je me rappelle que la plus grosse crainte que nous avions en 6e était d'appeler un "prof", "maitre". (Non en vrai la plus grosse bourde c'était de dire "Papa" ou "maman" à un prof, là c'était compliqué. Bon si on entrait dans la psycho de bas étages on pourrait dire qu'on faisait des transferts et tout le blabla... En vrai c'est juste que quand on a 11 ans les mots qu'on dit le plus quand on veut quelque chose c'est ... c'est ? ... Oui papa et maman effectivement !) 

Bref on s'égare !

Je ne sais pas à quel âge on doit absolument vouvoyer le monde des adultes, je ne sais pas à quel âge on perd l'innocence de l'enfant qui pense que tout le monde est pareil et qu'il n'y a pas de distinction à faire entre la caissière du supermarché, le médecin de famille ou le président ! Mais ce qui est certain, c'est que nous sommes en tant qu'adultes aujourd'hui, absolument tous capables de savoir si notre manière de nous adresser à l'autre est appropriée, familière ou irrespectueuse. (Enfin normalement...En globalité quoi... Bah si ça ne vous viendrait pas à l'idée d'entrer à l’Élysée et de balancer : Hey François ça va ? Et julie ? Le scooter... ) (On peut se permettre cette digression parce que de 1) la politique en ce moment c'est LE sujet d'actu, petit 2) François a bientôt terminé son CDD alors il doit être un peu plus détendu sur la question, petit 3) Y a quand même peu de chances qu'il tombe un jour sur cet article). Breeeeef... Revenons à nos moutons.

L'exemple du costume-cravate n'était pas innocent. Je voulais entrer dans le cliché pour que vous ayez tous en tête l'image du trader, travailleur et propre sur lui. (Oui vous pouvez aussi imaginer le costard en fin de soirée arrosée, avec la cravate débraillée et le vomi sur le coin de la chemise... Mais c'est moins classe).
Si maintenant on remplace ce costume par un autre objet... Au hasard... Hum... Un fauteuil roulant ! (Je vous rappelle l'objet de mon blog ?) Allez vous la sentez venir la croustillante anecdote. Bon ok, je vous raconte  (mais c'est bien parce que c'est vous !)

J'ai passé quelques jours difficiles. Douleurs et fatigue au top niveau. (C'est pas pour me plaindre, c'est pour planter le décor).
Vendredi, j'avais besoin de sortir pour me rendre à la poste et à la pharmacie. (Que ma vie est palpitante) Sous la contrainte et poussée par les obligations, je chevauche mon fauteuil électrique et décide d'affronter le monde, ô combien sauvage et pénétrant, de la vie urbaine. (C'est beau hein ces envolées lyriques !)

Ayant accompli mon œuvre (c'est à dire poster mon arrêt de travail), je m'apprête à rentrer chez moi tout en téléphonant.

 En me dirigeant vers la sortie, j'aperçois une dame d'une soixantaine d'années,  boitant légèrement, tout en ayant les lèvres repulpées par la chirurgie esthétique. (Ceci n'est pas une information capitale, il est vrai... Mais le détail peut favoriser et stimuler votre imagination... Elle avait les cheveux teints couleur marron...C'est pour vous aider que je dis ça...Moi je m'en fiche hein je l'ai vu la dame !)

Je la laisse naturellement passer. (Rapport à ce qu'on a dit plus haut : la politesse, la courtoisie et le respect des ainés...).

C'est alors qu'elle se plante devant mon fauteuil, me regarde et lance :

"Vous avez de la chance d'être véhiculée hein, moi avec mes vertèbres c'est pas facile".
Je marmonne alors un "hum"...
La dame enchaine : " Ah c'est pas facile pour moi... Vous avez eu un accident ?'
Moi : "Non j'ai une maladie"
Ma mère : "Hein quoi ?" (Oui j'avais dit que j'étais au téléphone. N'ayant pas pu lui dire que quelqu'un me parlait (ce fut soudain), la pauvre ne comprenait pas non plus pourquoi je lui répondais ça alors qu'on échangeait sur un tout autre sujet)
Moi : "Attends y a une dame qui me parle..."
Ma mère : "Hein quoi ?"...
...
(Comment ? Pas toute la  conversation ? ok... Moi j'essaye juste de faire preuve de clarté... )

Bref la dame m'a demandé ce que j'avais.
Moi j'étais énervée parce que fatiguée, douloureuse et puis parce que FLUTE et REFLUTE à la fin. Du coup j'ai pas répondu, j'ai fait mine de ne pas l'entendre et j'ai essayé d'avancer sans l'écraser mais pour qu'elle se pousse.
Elle a continué de me parler alors que je n'étais déjà plus là.

Alors voilà j'en suis là avec mon costume-cravate-fauteuil. 
Clairement je sais que si j'avais été bien portante, sans signe extérieur de déficience, personne ne serait venu me demander si j'avais une maladie, un accident, ou la chance de pouvoir marcher. PERSONNE.

Avec le fauteuil, en quelques jours, on m'a déjà demandé 3 fois si j'avais une maladie, une sclérose en plaque ou eu un accident. On s'est permis de me tutoyer là où jamais on ne l'aurait fait si j'avais été valide. Je peux le dire, j'expérimente les deux au quotidien.

Alors je repose la question, qu'est-ce qui fait qu'avec l'apparition d'un signe extérieur de déficience, on se permette des choses qu'on ne ferait pas "avec le commun des mortel" ? Est-ce que ce signe là signifierait une faiblesse de ma part ? Une aptitude moindre à un être une adulte "accomplie" ? La visibilité d'une déficience veut-elle dire qu'on est plus "faible" ? La faiblesse entrainant une sorte de maternage excessif ? Comme s'il n'existait plus aucun filtre...

Parfois quand je suis en fauteuil et que je suis avec quelqu'un d'autre on ne s'adresse pas à moi directement, on donne le ticket de caisse à la personne qui m'accompagne alors que c'est moi qui ai payé. On pose la question à mon accompagnateur au lieu de me demander directement quelle taille je fais ou si je préfère le rouge ou le bleu. On dit "elle" devant moi. On sur-articule. On me tutoie. On me demande si j'ai une sexualité entre deux portes d'ascenseur... (Si si, rappelez vous ici. Euh petite précision pour les plus vicieux d'entre vous, c'est la question qu'on me pose entre deux portes d'ascenseur... Pas si j'ai "une sexualité entre deux portes d'ascenseur"... Là ça deviendrait complètement tordu !)

Je reste persuadée qu'il y a des "tu respecteux" et des "vous irrespecteux", et que la politesse n'entre pas toujours en jeu dans le vouvoiement. Mais je dois avouer que ça me gêne de voir qu'en fauteuil ou debout je n'ai pas les mêmes traitements. J'aimerais qu'on me traite toujours de manière semblable. Je ne mérite pas d'être traitée en présidente lorsque je suis debout, et tel un enfant une fois en fauteuil.
Car au final, une fois assise j'ai cette sensation désagréable d'être infantilisée. Et de me retrouver comme lorsque j'avais 5 ans, et que le moindre inconnu s'adressait à moi en disant "Oh elle est mignonne, elle a quel âge ? Et qu'est-ce qu'elle a sur la joue ? Une vilaine griffure de chat ?" (Non en vrai c'était un coup de hache mais bon ça c'est un autre sujet...Comprendront qui auront les références mais c'est une histoire vraie) Parce que si je me permets de m'adresser à vous, comme vous vous adressez à moi, de m'immiscer dans votre sphère intime qu'est-ce que vous diriez vraiment ? Est-ce que ça choquerait, si dans le métro je m'approchais de n'importe qui en disant : infection urinaire ? Je connais... C'est pas facile... Elle veut un conseil ?
Parce que la finalité (en caricaturant à peine) est la même dans mon esprit...

Et du coup si je m'habille en tailleur, talons dans mon fauteuil ? Ca annule ?  (C'est juste pour savoir...)

mardi 4 avril 2017

Le jour où je me suis souvenue que j'étais handicapée !





Je sais que vous avez eu un peu de lecture cette semaine mais je ne peux pas ne pas vous raconter (c'est pas facile comme phrase, mais on est en fin de journée, début de soirée, et j'ai le débat politique (mais c'est pas moi que ça intéresse) en fond sonore alors je suis sûre que vous me pardonnerez...) les quelques jours qui viennent de s'écouler. 

En ce moment mes genoux ne sont pas coopératifs. (C'est leur droit mais bon moi en attendant, ça ne me simplifie pas la tâche). Du coup mon ami le fauteuil est de retour ! Et j'avais oublié Ö combien c'est fatiguant d'être en fauteuil. Alors je vous emmène dans mon petit monde à roulettes. 

Jeudi :

Comme tout un chacun j'ai besoin (parfois) de faire des courses. Oui ce n'est pas palpitant mais nécessaire. Je me rends donc dans mon magasin de proximité pour effectuer cette tâche ingrate. Je n'achète que quelques bricoles, en sachant que les grosses courses se réaliseront deux jours plus tard en compagnie de môssieur Clochette.

Alors je vais passer sur le côté non pratique des rayons et sur ce choix stratégique de placer les meilleurs aliments (en tous cas ceux dont j'avais besoin ) derrière un poteau... Mais pourquoi tant de haine ? Est-ce que vous trouviez trop facile de nous obliger à faire des créneaux pour atteindre certains rayons, qu'en prime vous avez eu une folle envie d'ajouter des obstacles ? Mon choix se restreignait de plus en plus, puisque les rayons les plus en hauteur et ceux les plus bas m'étaient inaccessibles. (Il y a une étude qui dit que le consommateur préfère les produits au centre des rayons... Mais on fausse les résultats là non ?)

Bref ! Mes roues et moi, on a décidé qu'il était grand temps de se rendre à la caisse. J'ai opté pour la caisse prioritaire non pas pour y passer plus rapidement mais surtout parce que ces dernières sont plus basses et plus larges que leurs voisines.
Je me place derrière deux personnes. Le monsieur devant moi me demande gentiment si je souhaite passer, je réponds par la négative et le remercie. Il insiste, je fais de même toujours très poliment. (J'ai pas de jambes toujours fonctionnelles mais il m'arrive d'avoir une opinion, un avis et du caractère). 
Soudain (Attention élément perturbateur, comme quand on était petit !) la caissière m'aperçoit. 
Elle me lance : (Oui bon ben vous avez l'habitude maintenant, vous le sentez venir le dialogue n'est-ce pas)
- Venez ! 
-  Non merci c'est gentil, le monsieur m'a proposé.
- Si venez ! 
- Non vraiment, c'est très gentil mais le monsieur n'a que deux articles, ça va aller, vraiment vraiment. (Oui j'ai dit autant de "vraiment" mais je le pensais alors bon...)
- Mais ! Vous êtes prioritaire ! 
- Oui je sais, mais ça va là. (Et si on pouvait passer à autre chose parce que ça me gêne qu'on fixe l'attention sur moi alors que je n'avais rien demandé à personne, et puis aussi parce qu'au final tout le monde aurait déjà été encaissé si on ne tergiversait pas depuis 5 minutes...)
- Mais enfin ! Je vous dis que vous êtes prioritaire alors venez ! 
J'ai craqué... J'ai essayé de résister poliment mais là ça commençait à me courir alors j'ai répondu :
- Etre prioritaire ne veut pas dire être obligée. Si je vous dis que ça va c'est que ça va, c'est très bien de faire attention aux priorités mais c'est bien aussi de respecter mon choix... 

Le monsieur devant moi a rigolé, la caissière a grommelé et elle a finalement abdiqué. 
Je ne suis pas super fière d'avoir formulée cette réponse mais ma patience est (aussi) limitée. La priorité j'en ai besoin quand je suis débout justement et qu'on ne le voit pas. Et ces fois là personne n'insiste pour me laisser passer (au contraire même). Et je déteste qu'on me force la main. Etre attentif c'est très bien, proposer aussi, mais qu'on m'oblige à prendre une priorité non. Ce n'est pas comme ça que ça doit fonctionner. Non je n'ai pas envie que vous preniez mes courses dans le panier sans me demander pour les placer sur le tapis parce que vous avez l'impression de me rendre service (oui c'est arrivé aussi cette semaine), non je n'ai pas envie de passer devant tout le monde si je sens que je peux tenir encore largement sur mon fauteuil.

Alors la caissière elle n'a pas dû super bien le prendre parce que mes articles elle n'a rien fait pour qu'ils descendent jusqu'à moi après, au contraire même. Une petite revanche sûrement ? Tant pis... 

Vendredi : 

Direction une boulangerie de quartier non accessible mais pour laquelle j'avais repéré une sonnette spéciale... Une pour L' "handicapé" qui veut appeler une "rampe"depuis l'extérieur. Je décide de tenter, enfin un commerce qui vise l'accessibilité et ça, ça fait plaisir. Fébrile, j'appuie. Rien. Je retente. Rien. Seule sur le trottoir j'attends.
Finalement la vendeuse (que j'aperçois) demande au client devant moi (mais lui était dans la boutique) de me demander ce que je veux. Le Monsieur fort sympathique commence son travail d'intermédiaire. 
- Mademoiselle, vous voulez quoi ? 
- Euh une baguette... Blanche s'il vous plait.
- (A la vendeuse) Elle veut une baguette... Bien cuite ! 
- Haha ! (La bonne blague, ah non non par contre c'était sérieux ?) Non non blanche !
- Ha pardon, elle a dit blanche la baguette. 
La vendeuse : Ok, elle veut autre chose ?
Le client :  Vous voulez autre chose ?
Moi: Euh... Non.
Le client : Non ! 
La vendeuse : 90 centimes ! 
Le client : 90 centimes ! 

Un vaudeville n'aurait pas été plus comique ! J'ai donc payé au client qui a été donner ma monnaie et qui m'a ramené ma baguette. Ils font des rampes superbes maintenant, ça ressemble vachement à un humain ! C'est bien ça a un côté plus... plus...

Oh puis je ne sais pas moi; que voulez vous que je vous dise si on en est encore là ?

Samedi matin : 

Avec môssieur Clochette on décide d'aller faire un peu de shopping. Direction un gros centre commercial. Nous arrivons dans une enseigne de vêtements sur deux étages. Pas d'ascenseur mais un élévateur (ce n'est pas la panacée mais c'est déjà très bien). Malheureusement ce dernier était inaccessible car un portant bloquait son entrée (je suis gentille j'ai fait une photo d'illustration).

 

 Alors oui, j'aurais pu demander si on pouvait décaler les vêtements pour que je puisse accéder.(Ou même m'en charger directement). Mais à dire vrai je ne suis pas certaine qu'il était en état de fonctionner car la porte était entrebâillée, et pour marcher (Haha, elle a dit "marcher" Marcel t'as vu ! En parlant d'un monte-charge pour des gens qui ne peuvent pas haha ! T'as vu Marcel ? ) ces petits bijoux de technologie attendent une aide humaine (en gros il faut rester appuyé sur un bouton tout le long de la montée et de la descente sans quoi vous restez pitoyablement arrêté en plein milieu... ce qui n'est pas franchement pratique ).

J'ai donc trouvé ça plus drôle de me poster au dessus des escaliers et d'attendre... Juste pour voir ! En tout 5 vendeurs sont passés devant moi, aucun ne m'a demandé si j'avais besoin d'aide. 

Alors oui je ne suis jamais contente, un jour je ne veux pas trop d'attention et le surlendemain un minimum, mais vous avouerez qu'il faudrait quand même trouver un juste milieu.
Du coup môssieur m'a envoyé des MMS depuis la cabine située à l'étage inférieur, pour partager avec moi ses trouvailles. C'est tout de même bien fait la technologie ! Dommage que personne n'ai jamais pensé à inventer un truc pour se rendre d'un étage à un autre sans passer par des escaliers... Ça c'eut été révolutionnaire !

Lundi et Mardi (Je regroupe par thème et non par jour sinon on ne va pas s'en sortir) :  

Bien entendu mon fauteuil me sert aussi à aller au travail (ben oui pour pouvoir générer des anecdotes en courses faut bien gagner sa croûte ! Enfin bien... Il faut quoi !) Et qui dit travail, dit trajets ! Et ça...
J'ai la chance de devoir prendre un métro et un bus. Un régal de chaque instant !
J'aimerais que l'on me présente le concepteur de l'accessibilité des transports. Quelle est l'idée de mettre des barres en plein milieu de l'unique entrée "accessible" ? Quel est le concept de placer dans le bus l'unique place réservée aux fauteuils, (mais aussi aux poussettes, aux bagages et tout autre objet encombrant) en angle droit sans aucun moyen de braquer ou contre braquer si une seule personne entre également dans le bus avec vous ? (Bon ok j'exagère, si deux personnes entrent...)
Les gens ne sont pas les plus conciliants avec ça et ont une image faussée du fauteuil. Ils pensent sans doute que j'ai l'âme d'un pilote... Mais non ! Je ne sais pas faire de loopings avec, je ne sais pas faire de figures incroyables. Et (notes pour vous même) si vous restez collés au fauteuil pendant que je me livre à une marche arrière périlleuse pour atteindre une rampe que le chauffeur oublie une fois sur deux de me dérouler, il y a de grandes chances que vous vous retrouviez avec des pieds en bouillis. (Car mon petit bolide pèse environ 150 kilos.)
Dans la même veine (pendant qu'on y est), non vous n'arriverez pas à le déplacer en tirant dessus, et non ça ne m'aide pas.(Car mon petit bolide pèse environ 150 kilos.) Enfin, je ne fais pas partie du mobilier urbain, il est assez désagréable de sentir un inconnu s'appuyer ou se servir de mon fauteuil comme d'une barre de métro. En équivalence c'est un peu comme si je m'accrochais au bras de mon voisin inconnu sans le prévenir... 

Le bus que je prends est souvent chargé le matin. Mais ce jour là particulièrement. Pas de chance, un jeune homme et son sac se sont placés sur le seul petit espace réservé pour les fauteuils. En me voyant je pensais qu'il se décalerait.. Raté. Je le regarde, il me regarde. Rien.

J'ai donc décidé de me mettre n'importe comment espérant le faire réagir... Mais non ! Et je n'avais pas envie de quémander, il n'avait clairement pas l'intention de faire preuve de bon sens... 

Le bus se remplit petit à petit et là un autre homme vient se "faxer" (il n'y a pas d'autre terme), entre le peu d'espace laissé entre mon fauteuil et la paroi du bus... Je sens que j'étouffe un peu... Assise, toute petite au milieu de tous ces gens inconnus... Mon espace n'est plus respecté, il est grignoté encore et encore. J'adresse à ma collègue un "Je vais galérer pour sortir"... Il rétorque "Mais non, je vais vous aider !" Mais m'aider à quoi ??? C'est un fauteuil électrique, à part en me laissant un peu plus d'espace il est impossible que vous puissiez m'aider. (Car mon petit bolide pèse environ 150 kilos. Je l'ai déjà dit ou pas ?)

Bref... J'ai galéré. Surtout que le chauffeur de bus a eu la merveilleuse idée de s'arrêter pile devant une poubelle pour descendre la rampe. Ca n'a pas marché. Il a redémarré. J'ai cru qu'il m'avait oublié (oui c'est possible ils l'ont déjà fait). Je l'ai alerté. (Aussi bien qu'on puisse le faire depuis la porte centrale, assise, sans aucun moyen d'apercevoir le chauffeur) Il a grommelé. Il s'est de nouveau arrêté... J'étais libérée.
Le soir, en prenant l'ascenseur qui menait au métro une dame est entrée avec ma collègue et moi-même. Sans un bonjour elle m'a dit " Sclérose en plaques ?" 
J'ai répondu non, et je suis sortie... 
Pourquoi ? Qu'est-ce qui intéresse dans ce que je peux avoir le temps d'un trajet d'ascenseur ? On ne se reverra jamais ! Est-ce que si j'avais dit oui, tu m'aurais dit " Oh pauvre petite, la nièce de la fille de ma voisine a ça aussi ?" ... Et ?? 
Et si j'avais dit non en développant, qu'est-ce que cela aurait changé ? 

Parce que je me suis dit que je n'avais pas suffisamment vécu de trucs fous dans ma journée j'ai été en ville. J'avais oublié le manque d'accessibilité des magasins. Sur les 4, aucun vraiment accessibles. Des rayons trop étroits, des gens trop cons (Ah non ça fait pas partie des critères ça ? Tant pis...) Des caisses, des cartons qui trainent... Exemple : (oui je suis tombée là dessus à l'ouverture de l'ascenseur, j'ai donc déduit que je ne devais pas descendre à cet endroit...) 

Puis à la caisse sur ça : (Elle était accessible avant qu'on y mette un portant à lunettes, un carton et un portant à roulette, et... un poteau ???)
 
 Ca laisse rêveur n'est-ce pas ? 

Bref je suis rentrée dans mon doux chez moi et j'avais mal à la tête. Là je me suis dit que si j'étais retournée dans mon commerce de proximité je l'aurais accepté volontiers sa priorité à Madame la caissière ! (Comme quoi tout est question de timing)











Enfin pour terminer cet article déjà bien trop long, je vais vous raconter l'histoire de ma vie au travail. (Enfin pas tout parce que quand même je vous aime bien et ça ne serait pas gentil de vous imposer ça). 

Ce matin avait lieu un petit déjeuner avec notre directrice générale. (Et j'ai vécu un moment d'anthologie) Je l'ai écouté raconter ô combien l'association avait de projets intéressants. Et ô combien le petit dernier l'était d'autant plus car il favoriserait l'autonomie des personnes handicapées tout en gardant un lien avec une équipe. Et que c'était important l'équipe pour des gens handicapés. Parce que quand on est handicapé on n'a pas d'ami. (Oui elle l'a dit) Et que si on voulait se faire des amis (je dis "on" parce que je me suis sentie concernée hein), ben on allait dans des lieux de passages, avec un pack de bières, et que ça se finissait dans des squats... Voilà. Ce sont ses mots... (Je vous laisse méditer là dessus, accepter ces mots avec bienveillance, toussa toussa...)
Ensuite, pour clore ces retrouvailles, elles nous a demandé à tous si nous avions des propositions pour améliorer la vie du siège. 
Au fond de moi j'ai pensé "un ascenseur qui marche". Ah oui je ne vous ai pas dit ? Je bosse dans une association accueillant un public en situation de handicap mais dont le siège n'est pas accessible. (JE vous avais dit que j'avais un grand sens de l'humour)
 Je suis obligée de faire le tour par un extérieur complètement défoncé (il avait peut être pas d'ami lui non plus pour finir comme ça). La salle dans laquelle se déroulait le petit déjeuner se trouvait au premier étage... Je suis donc montée avec ma canne (et le peu d'espoir dans ma poche).
Finalement les autres ont proposé : mettre en place un barbecue, des cours de taï-chi, de sport... 
Et puis quelqu'un a dit : Un ascenseur ? (Non ce n'est pas moi !) 
La réponse ne s'est pas fait attendre "Oh mais arrêtez avec cet ascenseur, je dépense 5000 euros pour qu'on l'utilise quoi ? Deux fois par an ? On en n'a pas besoin..."
Ah ben oui, après tout vous n'avez pas de salarié en fauteuil n'est-ce pas ? Pas d'usagers qui souhaiteraient venir sans doute quelques fois ? Pas de difficultés majeures en somme de ne pas pouvoir accéder à tous les étages du siège et notamment la salle de repas ? 
Oh mais suis-je sotte, je ne mange pas et en plus je n'ai pas d'ami... 

Allez un pack de bière et on en parle plus... Ah non je suis handicapée; l'alcool il ne faut pas c'est bien ça ? Alors un panaché fera l'affaire ! C'est ma tournée !...Et puis ben des Curly !





vendredi 31 mars 2017

Une crocs vaut mieux que deux tu l'auras !




Fin janvier je terminais mon article là dessus " Je me suis représentée de nouveau, on m'a accompagné dans ma chambre en me disant "Oui donc Mademoiselle Briochette je vais vous mettre votre bracelet, vous allez prendre votre douche rapidement car on vient vous chercher dans 5 minutes pour enlever le cathéter et... Poser un picc line !"

Et puis je suis partie comme ça, vous laissant froidement plantés là, devant la douche. Et j'ai promis juré (craché aussi mais c'est pas très propre alors il faut éviter de le faire) que je reviendrai (un jour) raconter la suite. (Bah deux mois c'est pas si long non plus hein faut pas exagérer !) 

Allez on prend un plaid, une petite tisane et c'est partit dans le monde merveilleux des aventures hospitalières de Clochette ! (chhhuuuuuut ça commence !) 

Moi : - Quoi 5 minutes pour prendre ma douche et me changer ? (ah ben je vous avais dit hein on rentre direct dans le vif du sujet) Non allez je déconne, en vrai de vrai c'est pas le temps de la douche qui m'a fait tiquer, vous pensez bien ! (C'était une petite blague pour se remettre dans l'ambiance, bon maintenant c'est sérieux... Chuuuuuut ça commence !)

Moi : - Quoi ? Comment ça poser un picc ? 
L'infirmière : - Ben oui, c'est bien pour ça que vous êtes ici, c'est marqué sur la feuille ! 
- Ah ben oui mais non, je ne suis pas d'accord pour le picc line, je l'ai dit et redit au docteur. Alors on m'enlève le broviac actuel et on stop là ! 
- Oh ben je ne sais pas moi, vous verrez avec eux au bloc... 

Oui voilà on va faire ça, on va attendre et me laisser un peu le temps d'angoisser et puis je négocierais tout ça, une fois nue et vulnérable sous ma petite blouse de reste de dignité, avec deux médecins autour de moi. Ça me semble effectivement une super option de faire ça comme ça ! Pourquoi on s'embêterait à réfléchir d'égal à égal, tous bien habillés et avec tous nos moyens. (Oui j'insiste un peu là dessus mais je vous promets que de discuter d'un sujet qui vous concerne en étant dans vos vêtements, debout ou assis (peu importe) en face de quelqu'un et le faire allongé avec deux têtes au-dessus de vous alors que vous ne vous sentez pas la plus à l'aise dans votre tenue ben... c'est pas pareil ! Étonnant non ? Et encore on avait pas opté (enfin surtout eux) pour l'anesthésie générale, sinon je vous laisse imaginer l'étendue possible de votre libre-arbitre dans les décisions...) 

Comme je suis parfois gentille, que l'infirmière au fond n'y était pour rien, que j'avais déjà pris le temps d'envoyer des textos à la terre entière (c'est à dire à ma môman et môssieur briochette) pour les prévenir que "de toutes façons si ils me touchent hein ben ça va mal finir pour eux"... Il était tout de même l'heure d'aller se savonner joyeusement à coup d'ibiscrub (le remplaçant de la bétadine en version améliorée car transparent). 
Ce moment de délectation extrême (vous pensez bien ça serait dommage de s'en priver) était à peine terminé, que mon carrosse était avancé. (Bon pour les chevaux blancs on repassera, un lit qui couine c'est bien aussi !)

Je vous épargne la descente fantastique au bloc, somme toute assez classique. Mon chauffeur était gentil et calme. Ce qui contrastait fortement avec son collègue un peu lourdeau pour qui la phrase "Tu prendras la patiente" a eu  l'air de résonner de manière graveleuse dans sa tête (si j'en juge les regards appuyés à son collègue et son ricanement stupide de type "fin de journée au comptoir du coin à mater des nanas à poils sur un calendrier" et surtout cette magnifique réponse "Ah ouais, je veux bien la prendre ouais !" Dans d'autres circonstances j'aurais pu m'énerver mais là... on allait me forcer à mettre un picc line que je ne voulais pas alors bon... Faut avoir le sens des priorités dans la vie et je ne peux pas m'énerver pour deux choses en même temps, sinon je ne m'énerve qu'à moitié et mal. Ca serait dommage de bâcler !) 

Au bloc, une infirmière et un chirurgien m'accueillent. Je reconnais le dit médecin, car c'est lui qui m'avait posé mon troisième picc. (Il a un petit accent, ça aide ! Le docteur, pas le picc, ça ne parle pas un picc ! Allez on se re concentre ! ). 

- Bonjour Mademoiselle Briochette, vous êtes prête ? L'infirmière m'a dit que vous refusiez la voie ! Pourquoi ? 
(Ouais ben ça je le savais que j'allais devoir encore me justifier. Un "non je vous emmerde c'est mon corps je fais ce que je veux" ne serait pas acceptable je suppose ?) 
- Oui, j'en ai parlé à mon médecin, il est d'accord pour ne rien poser tout de suite. On a eu des échanges là dessus. Toutes les poses se sont terminées en échec alors... 
- Ha ha mais ça c'est parce que je n'étais pas là ! (Et votre égo il était là ? C'est pour ça que vous êtes passés au crocs dans le milieu médical, pour avoir plus de place ?) 
- Hum, ben en fait, on s'est déjà vus, vous m'avez déjà fait une pose... 
-Ah bon ? Peut-être... Bon détendez-vous là vous avez l'air toute stressée, on n'est pas bien là ? 

Allongée sur une table où j'ai à peine la place de tenir avec mes bras contre le corps ? Nue ? (oui encore hein excusez moi j'aime pas trop cette pratique !) Sans savoir si mes choix vont être respectés ? En sachant pertinemment que je vais avoir mal car l'anesthésie mes tissus s'en contre carrent l'oignon ? Oh ben si alors, qu'est-ce qu'on est bien, on recommence très vite hein ? Promis ? 
Je me suis contentée d'un : "J'ai un peu froid en fait" (Oui je suis faible.)

L'infirmière gentille (c'était mon alliée je le savais, celle qui allait m'aider à vaincre l'ennemi) est allée me chercher une couverture chauffante. J'étais mieux. Ensuite on m'a demandé ce que je voulais qu'on mette comme musique dans le bloc, pour que je me détende. (C'est plutôt cool cette pratique, mais est-ce que quelqu'un osera vraiment dire un jour "J'adore la variété Française !" Non ! On est tous pareil, Mozart c'est bien non ? Ou Beethoven ? ... Du coup pour trancher je dis toujours "un truc instrumental" genre musiques de films... Je me vois pas trop demander du Pink ou Muse... L'instru ça passe partout et ça n'énervera pas le chirurgien. Si un jour un fan de Matt Pokora ou Lorie demande à ce qu'on lui passe ça, est-ce qu'on ne risque pas de multiplier les erreurs médicales ? Bref...) 

On a mis de la musique et on a attendu... 

Là mon docteur est arrivé en lançant un "Bonjour, il fait froid dans ce bloc, vous êtes bien vous sous votre couverture" (Ouais la meilleure place, on échange ?)
Et puis c'était partit... Mise en place du champ opératoire, première injection d'anesthésiant... Aie... "Vous sentez ?"... Deuxième injection, troisième.... AIEUUUUHHHH ! "Vous sentez encore ?" ... Quatrième... 
Là j'en peux plus, j'ai mal, je le sens, je commence à me tortiller un peu. Le chirurgien me lance "C'est pas possible hein vous pouvez pas sentir, ça fait pas mal là y a la dose maximum d'anesthésiant ! Et c'est le plus fort que je puisse mettre j'ai mélangé deux produits ! " Et comment tu expliques que je bouge très exactement à chaque fois que tu essayes d'y toucher ??? 
Je me sentais seule, l'infirmière alliée qui me tenait la main, les larmes qui coulaient. Et là, surprise générale, un renfort inattendu. Mon docteur, celui là-même qui d'habitude avait l'air en retrait, prend ma défense et dit à son collègue "C'est particulier sa maladie, il faut l'écouter. Si elle dit qu'elle a mal, c'est qu'elle a mal.Les tissus ne réagissent pas comme tout le monde. On a eu des soucis avec les anesthésiants" Qu... QUOI ? Vraiment ?  A ce moment exact j'ai eu envie de lui dire Merci, (oui avec un grand M) de lui faire un câlin, un peu de reconnaissance enfin ! 
Bon j'ai pas eu le temps parce que le charcutier poursuivait sa tâche. Au bout d'un moment, mon docteur (oui je me l'approprie que voulez-vous), m'a demandé si je voulais faire une pause... Je n'ai pas refusé. Un peu d'humanité face à l'extracteur violent de mon KT ! 
Je n'ai pas passé un bon moment, et finalement non on n'était pas bien là. C'est avec fierté que Monsieur Crocs chevilles gonflées m'a dit "Voilà c'est bon, elle peut se détendre. Il est enlevé, c'était pas si terrible non ? C'était juste désagréable parce que vous sentiez mes gestes mais c'est tout ! Elle a eu peur !" 
 Non je n'ai pas eu peur, non je n'ai pas seulement ressentis "tes gestes". J'ai senti des éclairs traverser mon corps à chaque fois que tu faisais pénétrer ton aiguille dans mes tissus, j'ai senti ces mêmes tissus se déchirer au retrait du KT, j'ai senti l'aiguille quand tu as tenté de recoudre la plaie. Alors non vraiment je ne vais pas me détendre tout de suite et je vais laisser le temps à la zone traumatisée de mon corps de se remettre. Parce que ce n'est pas juste une aire de jeux pour tes mains de chirurgien, c'est ma peau, ce sont mes tissus. Parce que ce soir quand tu vas rentrer chez toi tranquillement, je vais ramener la douleur que tu as créée en partie et dont tu ne tiens absolument pas rigueur. Parce que pendant 10 jours, je vais souffrir à la moindre respiration, au moindre geste. Parce que dans tes livres on t'a peut être appris que ce genre d'opération ça se faisait sans anesthésie générale, et que c'était un geste banal, mais que dans la réalité de tes Crocs ça ne se passe pas toujours comme ça ! Parce qu'un peu d'humanité ne m'aurait pas fait de mal ! Et parce que "ELLE" te dit merde ! (Non mais oh !) 

Finalement ils ont décidé de ne pas recoudre ! MON docteur a eu un peu de peine pour moi (en tous cas je l'ai pris comme ça) et a demandé à son collègue si on pouvait se permettre de laisser la plaie se refermer comme ça. Il a répondu que ça serait moche, on a dit "tant pis". J'étais sauvée ! 

Docteur Crocs a demandé à son infirmière de "nettoyer tout ça" parce que ça avait bien saigné (je pense que je faisais partie du tout ça !) et il est partit en me répétant que vraiment c'était pas si difficile et que quand même l'anesthésie ça marchait et faites moi un sourire ! Parce qu'une jeune fille comme vous ça doit sourire ! (Et un médecin comme vous, ça doit faire quoi ?)

Ensuite je suis remontée dans ma chambre avec le lourdeau graveleux, les yeux encore humides. Je me suis remise de mes émotions et j'ai pu rejoindre mon doux chez moi... En transports en commun (oui je fais ça souvent !) Je suis peut être une chochotte qui ne résiste pas à la douleur aux yeux du docteur chevilles enflées mais je ne fais suer personne pour mon retour à domicile, je fais tout comme une grande ! 

Bien entendu nous n'avons pas posé de picc (oui j'ai vaincu), alors je me suis déshydratée en attendant ma nouvelle bouche. C'était un risque à prendre (bah oui mais aussi tu veux pas boire un litre et demi par jour alors bon !) J'ai fait des allers et retours pour des perfusions sur la journée et j'ai pu tenir jusqu'à l'anesthésie générale pour mon nouvel ami ! 

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de petites bactéries (non c'est pas vrai pour le moment j'ai juste quelques colonies mais c'est pas grave on cohabite ! Ah non c'était pas une blague par contre, faut pas que tout fonctionne, ça ne serait pas drôle sinon) 

THE END  (enfin jusqu'à la prochaine fois quoi !) 

PS : Pour les crocs si vous voulez je peux faire des commandes groupées ! 

Re ps : (oui on dit pps mais c'est embêtant de faire comme tout le monde ) : Vous pouvez liker la page facebook ici (et n'hésitez pas à partager) 

Re pps : Pour les crocs on oublie, Christina Cordula me signale que pour les gens comme vous, il ne faut pas en porter... Vous aurez qu'à sourire !! 

Re re pps : Mais facebook ce n'était pas une blague...  ici

mardi 14 mars 2017

Juste une petite pause



Non ça ne sera toujours pas la suite de l'article du mois de février... Mais c'est promis vous l'aurez un jour. 

En vérité, je ne sais pas si cet article restera longtemps sur le blog. Aujourd'hui, j'ai juste envie de déverser ce que je ressens sans réfléchir. Je ne sais pas s'il aura un sens pour vous, un début ou une fin. Cet article n'apportera rien de constructif. (Ben au moins vous ne direz pas que vous n'êtes pas prévenu). 

Aujourd'hui j'ai besoin d'écrire parce que j'ai mal. J'avais déjà écrit un texte sur la douleur (ici), mais c'était plus une "prose" qu'une expression de mon ressenti profond. J'ai besoin d'écrire parce que la douleur me grignote. J'ai besoin d'écrire parce que c'est ça ou exploser, alors autant partager un peu...

Souvent on me dit que je suis "courageuse".
 C'est faux, terriblement faux. Je suis de plus en plus lâche, de moins en moins combative, de plus en plus plaintive. (Et cet article le prouve dans toute sa splendeur). Et il n'y a aucun courage dans ce que je fais. Je serais courageuse si je m'opposais à quelqu'un en train de se faire frapper, je serais courageuse si j'arrivais à dire ce que je pense vraiment aux gens lorsqu'on m'énerve, je serais courageuse si... 

Souvent on me dit "Je t'admire, je ne sais pas comment tu fais." 
Je ne fais pas, je n'ai pas le choix, c'est aussi simple que ça. J'affiche un joli sourire de circonstance lorsque j'y suis obligée, je me farde un peu. Oui je me farde, c'est plus juste que de dire que je me maquille, je trompe, je cache les cernes, je fais "comme si" ... Mais "comme si" quoi ? 

La vérité c'est que je pleure, que je craque et que je me maudis de faire souffrir mon entourage en leur disant que je n'en peux plus de cette douleur quotidienne. Que je me déteste lorsque j'ai envie de tout lâcher et que je leur montre cette faiblesse. Parce que pire que la douleur physique, c'est de voir celle que j'inflige à ma famille quand je dis ce que je ressens au plus profond de moi.  La vérité c'est que je déteste me voir changer de comportement, modifier ma manière d'être, n'être plus celle qui prenait tout avec tant de légèreté. La vérité c'est que j'ai conscience de tout ça et que c'est encore pire. Je ne suis pas dans l'illusion, je me vois être infecte parfois, triste souvent. A ce moment là, je ne leur donne plus cette image de fille "courageuse" qu'il faudrait pourtant avoir. Parce que je suis dans un entre deux où j'ai envie de hurler mon besoin d'être soulagée, tout en étant sur la réserve pour préserver les gens que j'aime...

La vérité c'est que je supporte de moins en moins ces gens donneurs de leçons qui disent à tout va "Mais faut rien lâcher hein, c'est une mauvaise passe, ça passera..." ou "Les progrès médicaux sont remarquables"...  Vraiment ? Ca passera ? Tu es médecin maintenant ? 
Ce n'est pas du défaitisme, mais on n'en sait foutrement rien ! J'entends que ça ira mieux depuis mes 10 ans, que cette maladie n'évolue pas... Est-ce que je suis vraiment obligée de faire le bilan de ma santé 16 ans plus tard ? 

"Tu devrais aller à l'étranger, c'est mieux chez les autres..." 
Non, pour en discuter avec des québécois, des belges et autres pays étrangers, il n'y a pas de révolution chez eux. C'est une idée reçue... Idée tenace certes mais fausse tout de même. Au risque de décevoir, l'herbe n'est pas toujours plus verte ailleurs.

La vérité c'est que je supporte encore moins ces mêmes personnes qui comparent à leur vécu, qui se sentent obligées de donner des leçons sur notre manière de vivre. Non ne plus manger de gluten ne m'aidera pas plus, et oui je pense que mon "Chi" mon "QI" ou mon "Gong" sont bien équilibrés... Je pense également que ton mal de dos ne sera jamais comparable aux sensations combinées en période de grosses crises, d'enfoncement de multiples aiguilles dans les articulations, d'un semi-remorque qui me roulerait dessus avec en prime un petit lutin qui prendrait mes intestins pour des écharpes à tordre et enrouler joyeusement.
 
A la question "Mais tu as mal comment ?", j'ai envie de répondre "qu'est-ce que ça peut faire" ? Cette douleur tu ne la connaitras jamais, parce que c'est la mienne, parce que c'est mon ressenti, parce que tu ne vis pas avec, et parce que c'est sa durée combinée à son intensité qui la rend insoutenable. 

 A la réflexion " Oui mais quand même y a pire que toi, hein ça fait pas mourir" ou "tu as bonne mine pourtant", j'ai envie de répondre.... Non en fait, je n'ai même pas envie de rétorquer car il n'y a rien à dire, à part que la bêtise est humaine. 

Aujourd'hui n'est pas une bonne journée, ça passera je le sais. Demain, après-demain, dans 10 jours peut-être... Les crises vont et viennent à leur gré. C'est comme ça il faut s'y faire et ne pas s'en faire. Il faut prendre les moments positifs et les regrouper dans un coin de sa tête pour se faire une projection privée et se rappeler que les grosses douleurs passeront, qu'elles se feront oublier et reviendront plus tard. Emmagasiner les bons moments pour mieux s'en servir les jours comme celui-ci. 

 Dans un monde idéal j'aurais le droit à une pause. Un moment off sur la maladie, l'opportunité d'avoir un jour entier sans douleur aucune, une semaine de vacances pendant laquelle toutes les activités que j'avais prévu pourraient se réaliser. Un moment off où je serais capable d'aller au travail comme tout le monde, de faire des heures supp' sans le payer ensuite... Un moment off où je pourrais voir des amis deux soirs d'affilés, profiter des soirées avec Môssieur Clochette sans être épuisée. Un moment off où je n'aurais plus de choix à faire entre m'amuser, me balader ou travailler. Un moment off où manger ne serait pas un problème. Ou je me maquillerais non pas pour cacher mais pour sublimer. 

Juste une toute petite pause... 

FIN (ouais ça devait être  précisé parce que bon... J'avais dit hein que ça n'aurait aucun sens, j'ai juste déverser un peu de mon amertume... mais c'était MA pause après tout) 

PS : Merci aux gens que j'aime d'être fidèles, de ne pas se détourner, de rester forts pour moi quand je baisse les bras, de me supporter, de supporter tout ça. Poutoux tous doux (ben quoi quitte à ce que ça soit nian-nian autant y aller jusqu'au bout) 

PPS : Et pour les autres... Non rien en fait...






jeudi 9 mars 2017

Et le masque tombe...


Bonsoir/ Bonjour (oui à 2h du matin je ne sais pas bien comment me situer) fidèles du blog ! Parce que mon article tarde à venir (oh j'en ai bien conscience), j'ai décidé de te livrer 25 faits sur moi, inédits, parfois ridicules, souvent cocasses mais toujours vrais pour te faire patienter ! (Attention c'est du lourd !) 

1) J'ai peur des jardins non clôturés, dont une partie n'est pas visible et où plusieurs entrées sont possibles... En gros je préfère un balcon quoi ! (ouais j'avais bien précisé "ridicule", je vous met dans le bain.)
2) Je ne connais pas le silence absolu. J'ai des acouphènes (M'sieur ça fait du bruit dans ma tête !) J'entends donc des sifflements, des cloches, des bourdonnements ou encore des effets de feux d'artifices (ouais j'entends ce que ça fait mais c'est pas facile de vous l'expliquer), c'est sympa mais parfois c'est un peu embêtant. Ça s'amplifie quand il n'y a pas de bruit (ou trop), quand je suis trop fatiguée (donc souvent quoi) et avant qu'une migraine se déclenche (chacun ses prodromes d'abord).
3) Quand j'étais petite, j'ai reçu un coup de hache (une vraie pour couper du bois, c'était un accident... Enfin c'est ce qu'on m'a dit)
4) Je suis en couple depuis l'âge de 16 ans avec Môssieur Briochette et c'est le seul homme de ma vie. (Enfin que j'ai connu quoi, enfin que j'aime quoi, enfin vous avez compris quoi !)
5) Je ne supporte pas les cris et les conflits (J'ai le coeur qui s'emballe et ça me fait pleurer. Je suis comme ça depuis petite, pourtant j'ai vécu dans un environnement calme)
6) Je ne supporte pas l'échec. (J'ai raté mon code une fois, j'ai refusé d'entendre parler de tout ce qui gravitait autour de ce mot pendant des années. Je suis une traumatisée de la non réussite)
7) Quand j'étais en CE1 la maitresse m'a traitée d'idiote du village devant toute la classe parce que je ne réussissais pas un exercice. (Ah ben ceci explique peut-être le 6... Allez savoir)
8) Petite, j'étais allergique à la tomate sous toutes ses formes. Interdit pour moi le Ketchup (ouais ben c'est pas facile les frites sans Ketchup hein d'abord ! Mais maintenant c'est tout bon chef, je suis guérie... Enfin pour le ketchup quoi !)
9) Je déteste le chèvre et son odeur. (C'est instantané, ça me fait vomir. Pour ma  défense la même maitresse de CE1 nous a forcé à boire du lait de chèvre sortant du pis et... Ben faut pas me forcer quand je dis non. Au passage, (oui c'est un bonus) même histoire avec la rhubarbe pour laquelle on m'avait dit que c'était de la tarte aux pommes et qu'en fait je n'ai pas aimé. Mais bon comme c'était dans mon assiette j'ai du terminer cette pomme qui n'en n'était pas une. Coup de chance je n'aime pas la rhubarbe mais j'affectionne encore les pommes. Bref je n'aime pas le chèvre... Et je n'aime pas la pizza non plus, mais ça c'est juste une question de goût, pas d'histoire derrière (et ce n'est pas un dégoût profond, juste que je ne prends pas de plaisir en en mangeant, si j'étais obligée j'arriverais à me forcer sur la pizza, sauf si elle est au fromage de chèvre.... Bref je n'aime pas le chèvre quoi !)
10) Je n'aime pas Harry Potter... Ni le Seigneur des anneaux.... Ni le monde de Narnia (Fallait que vous le sachiez, tous ces films un peu fantastiques à succès, c'est pas mon truc)
11) Petite, mes dessins animés préférés étaient : Pocahontas et Anastasia. (Ouais ça sert toujours à rien de le savoir, mais que voulez vous je vous ai promis des livraisons de mon moi intime, et ça fait partie de mon histoire :) )
12) J'adooooooore les crêpes. Je pourrais en manger TOUT LE TEMPS ! (Enfin sopaliner maintenant !)
13) Enfant, j'adorais aller à l'école le samedi quand il pleuvait. (Je trouvais ça cool de regarder l'eau qui coule (mouhaha) pendant qu'on était bien au chaud avec les lumières allumées... C'était pas la même ambiance le samedi matin avec les lumières allumées quand on récitait nos poésies...Voilà, voilà)
14) Je suis sensible et pleure facilement. (La fatigue aidant je peux pleurer devant une vidéo avec un papa qui signe à sa fille sourde le jour de son mariage ou devant un père qui revient de la guerre aux états-unis. Je ne les connais pas ces gens et pourtant...Ah oui et les exemples de père sont un exemple je n'ai aucun problème avec la figure paternelle, je pleure aussi devant une vidéo d'enfant qui reçoit un chiot pour Noël alors vous voyez !)
15) Ma maman nous mettait à chauffer nos pyjamas et chaussons sur le radiateur et nous préparait des chocolats chauds à la casserole pendant que nous étions dans le bain quand on rentrait tout mouillé ou qu'il faisait trop froid dehors. (Et souvent après on mangeait des crêpes)
16) J'ai été habitué à manger des "lait-tartines" (parfois avec du jus de fruit à la place du lait et des croissants ou céréales à la place des tartines... Oui c'est un concept... Le soir quand personne n'avait trop faim... Et on adorait ça !)
17) Mon papa nous faisait plein de voix différentes en nous lisant les histoires le soir. (Et oui, j'avais le droit à une histoire avant de me coucher... Maintenant je suis obligée de lire toute seule et c'est moins drôle, mes voix dans ma tête elles lisent moins bien... )
18) Faire du théâtre me manque. J'ai fait un bac littéraire option musique et théâtre. (Ah on fait moins les malins là hein !)
19) J'adore chanter mais pas devant quelqu'un. (ni derrière d'ailleurs... j'attends d'être seule en somme) 
20) Avant l'ère d'internet, j'ai passé des soirées sur mon bureau à écouter des cassettes et jouer avec abus des boutons pause et play, pour écrire les paroles de mes chansons préférées.(Mais bon maintenant y a google)
21) Je rêve d'avoir un singe, ou au moins de les rencontrer un jour. Ces animaux m'ont toujours fasciné. (Et oui je me suis renseignée dans le zoo de ma ville natale pour savoir quelles démarches je devais faire pour pouvoir en adopter un... Et puis aujourd'hui j'ai compris que ça serait plus simple d'aller les voir dans leur milieu naturel.)
22) Je déteste l'administratif. (J'y travaille mais je n'aime pas ouvrir le courrier, ni regarder mes comptes...C'est pas facile !) 
23) J'ai eu une période où j'adorais les chiffres romains et les dieux égyptiens... (Je ne dirais pas que ça m'est passé, mais disons que je ne suis pas incollable sur le sujet, et effectivement il n'y a aucun lien entre les deux.)
24) Je déteste le pain perdu. (Mais je sais pourquoi et c'est bien là l'essentiel... Quoi ? Vous voulez savoir aussi ? Oui mais si je vous le dis mes parents vont pas êtres contents... Je vous aurais prévenus hein mais vous vous en fichez vous, vous ne les aurez pas au téléphone hein ! Ben en fait, le pain perdu, c'était le truc que mon pôpa nous cuisinait les très rares fois où ils se disputaient avec ma môman. C'est arrivé deux fois dans ma vie, mais comme j'aime pas le conflit ben j'aime pas le pain perdu quoi !)
25) J'aime le bruit de l'eau et l'odeur de la mer. (Par contre je ne suis pas fan du batifolage joyeux au milieu du monde marin... Je ne partage pas mon bain avec n'importe qui non mais oh !) 

Le bonus 26) J'adorais dormir chez mes grands-parents. Le soir on mangeait du chocolat en buvant une infusion verveine avant d'aller se coucher. (C'est aujourd'hui la seule infusion que j'aime... Je me rends compte que finalement dans ma vie les aliments je les aime ou non en fonction de ce qui s'est passé avec, c'est grave docteur ? Bon cela dit les lasagnes j'ai rien vécu de spécial avec elles et je pourrais en manger sur la tête d'un galeux (ça vous fait rêver là non ?)  Le matin je les rejoignais dans leur chambre et j'avais le droit de regarder la télé (c'est à dire les aventures de Kangoo, puis Kangoo junior ou encore les malheurs de sophie) au lit (qui se relevait avec une télécommande, le lit hein pas la télé... Révolution !) pendant qu'ils se préparaient. Ensuite on déjeunait des tartines grillées ou des petits pains au chocolat (si c'était mercredi) en écoutant la radio. La journée ma mamy fabriquait de la colle avec de la farine et de l'eau, m'apprenait à reconnaitre les oiseaux, et me chantait des chansons sur la balançoire. Et avec mon papy on allait bricoler dans la cave derrière. Parfois on faisait l'inventaire des bouteilles de vin qui lui restait (du bon vin hein !)  ou des petits outils (écrous, vis...) J'adorais faire ça avec lui ! Et sinon on découpait du bois avec sa scie circulaire pour fabriquer des nichoirs ou des boites pour mes poly-pockets.Et ensuite on jouait au solitaire (sur l'ordinateur ! Non mais allo quoi ! Dans les années 90 faut vous rendre compte ! ) ou mieux on pouvait pianoter sur le Minitel (en faisant attention parce que certaines manipulations pouvait nous faire basculer dans le côté payant de la chose ! (Bon raconté en vrac comme ça je ne sais pas trop ce que ça donne, mais dans ma tête (encore elle) c'est de sacrés bons souvenirs)

Ben voilà, je crois qu'on a fait le tour. Y a pas à dire hein, pas besoin de psychothérapies quand on a un blog :) 
PS : Je reconnais que cet article ne servait absolument à rien ! Mais en même temps, ça vous a fait sourire un peu non ? Allez ! Avouez !